Le coefficient G résume en un seul nombre l'isolation d'un logement : ses pertes de chaleur par m³ et par degré d'écart avec l'extérieur. Multiplié par le volume chauffé et par l'écart de température du jour le plus froid, il donne la puissance de chauffage de la maison entière.
En bref
Le coefficient G s'exprime en W/(m³·K) et compte les murs, les fenêtres, le toit, le sol et l'air renouvelé. Le site retient environ 2 pour une maison d'avant 1975 jamais isolée, 1,15 pour une maison de 1983 à 1988 et 0,55 en RT 2012, à partir des conventions de la profession recoupées par un recalcul avec les valeurs par défaut de la méthode officielle du DPE. La puissance de la maison se calcule par P = G × V × ΔT, avec la température extérieure de base du département. On lit souvent « G = 1,5 pour une maison bien isolée » : c'est le niveau d'une maison des années 1970.
Mis à jour le par la rédaction. Notre méthode
Le coefficient G : définition et unité
Le coefficient G est le coefficient volumique de déperdition d'un logement : les pertes de chaleur par m³ chauffé et par degré d'écart entre l'intérieur et l'extérieur. Il s'exprime en W/(m³·K). Il baisse avec l'isolation : environ 2 avant 1975 sans isolation, 0,55 pour une maison de la réglementation thermique 2012 (RT 2012).
Ces pertes, ou déperditions, sont la puissance que le logement perd par les murs, les fenêtres, le toit, le sol et l'air renouvelé quand il fait le plus froid de l'année. G les compte toutes, renouvellement d'air compris. La méthode officielle du diagnostic de performance énergétique (DPE) les additionne sous le nom de GV, en W/K ; G n'est que GV divisé par le volume.
Trois nombres se confondent souvent :
- G, en W/(m³·K) : toute la maison, air compris, rapportée au volume ;
- GV, en W/K : la même chose pour le volume réel (G × V) ;
- Ubât, en W/(m²·K) : la moyenne des parois seules, sans l'air, créée par la RT 2000. Ce n'est pas G.
Le coefficient U, lui, décrit une seule paroi : ses pertes par m² et par degré, en W/(m²·K). Les valeurs des murs, fenêtres et isolants sont sur la page coefficients U et isolants.
Tableau du coefficient G par époque de construction
| Époque | G (fourchette) | G central | Par m² à −7 °C (2,5 m) |
|---|---|---|---|
| Avant 1975, jamais isolée | 1,6 à 2,8 | 2 | 104 à 182 W/m² |
| Avant 1975, combles isolés et double vitrage | 1,4 à 2,2 | 1,7 | 91 à 143 W/m² |
| Construite de 1975 à 1982 | 1,2 à 1,5 | 1,35 | 78 à 98 W/m² |
| Construite de 1983 à 1988 | 1,05 à 1,3 | 1,15 | 68 à 85 W/m² |
| Construite de 1989 à 2000 | 0,85 à 1,1 | 1 | 55 à 72 W/m² |
| Construite de 2001 à 2012 (RT 2000 et RT 2005) | 0,7 à 0,9 | 0,8 | 45 à 59 W/m² |
| Rénovée au niveau BBC | 0,55 à 0,8 | 0,65 | 35 à 52 W/m² |
| Construite de 2013 à 2021 (RT 2012) | 0,45 à 0,65 | 0,55 | 29 à 43 W/m² |
| Construite depuis 2022 (RE 2020) | 0,35 à 0,6 | 0,45 | 22 à 39 W/m² |
G en W/(m³.K), renouvellement d'air compris : recalcul avec les valeurs par défaut de la méthode 3CL du DPE sur une maison de 100 m², recoupé avec De Dietrich. Valeurs vérifiées le 19 octobre 2026.
La colonne en W/m² suppose 2,50 m sous plafond, 19 °C dedans et −7 °C dehors. Pour un autre climat ou une autre hauteur, le tableau complet est sur la page puissance de radiateur par m².
D'où viennent ces valeurs
Aucune table officielle ne donne G par époque. Les professionnels utilisent des conventions, dont celle d'un fabricant de chaudières et de pompes à chaleur, De Dietrich, reprise telle quelle par au moins un simulateur en ligne. Le site a recalculé G avec les valeurs par défaut de la méthode 3CL du DPE, sur une maison de 100 m² de plain-pied puis à étage.
De 1975 à 2012, les deux approches concordent à 0,1 près. Elles divergent à deux endroits :
- Avant 1975. Une maison strictement jamais isolée sort bien au-dessus de 2 dans la méthode du DPE. Les conventions (1,6 à 2,0) décrivent plutôt une maison ancienne dont les combles ont été isolés et les fenêtres changées. D'où deux lignes : « jamais isolée » et « partiellement rénovée ».
- RT 2012. La convention de 0,4 vise une maison « sans ponts thermiques ». Les valeurs par défaut du DPE donnent plus. Le site retient 0,55, entre 0,45 et 0,65.
On lit souvent que G = 1,5 correspond à une maison bien isolée. C'est le niveau d'une maison des années 1970. Appliqué à une maison récente, il double ou triple la puissance.
Combien de kW pour chauffer une maison de 100 m² ?
Il faut trois données : l'époque (ou l'état de l'isolation), la température extérieure de base et la hauteur sous plafond. La température de base est la température froide de référence du lieu, un seuil que le thermomètre n'atteint que quelques jours par an. Elle dépend du département et de l'altitude, de −2 °C en Corse à −15 °C en Alsace.
Deux maisons de 100 m² dans le Rhône, à −10 °C, avec 2,50 m sous plafond :
Exemple : maison de 100 m² construite entre 1975 et 1982, dans le Rhône
- Volume chauffé : 100 m² × 2,5 m = 250 m³.
- GV = G × V = 1,2 à 1,5 × 250 = 300 à 375 W/K.
- ΔT = 19 °C − (−10 °C) = 29 K (19 °C : moyenne réglementaire d'un logement).
- Déperditions = GV × ΔT = 8,5 à 11 kW (arrondi à 0,5 kW).
- Recoupement : la méthode du DPE estime la puissance d'une chaudière à 1,2 × 338 × (19 − (−10)) / (1 000 × 0,95³) = 13,7 kW, soit 1,4 fois les déperditions.
Déperditions de la maison : 8,5 à 11 kW, par −10 °C dehors et 19 °C dedans, pour 100 m² et 250 m³.
Exemple : maison RT 2012 de 100 m², dans le Rhône
- Volume chauffé : 100 m² × 2,5 m = 250 m³.
- GV = G × V = 0,45 à 0,65 × 250 = 113 à 163 W/K.
- ΔT = 19 °C − (−10 °C) = 29 K (19 °C : moyenne réglementaire d'un logement).
- Déperditions = GV × ΔT = 3 à 5 kW (arrondi à 0,5 kW).
- Recoupement : la méthode du DPE estime la puissance d'une chaudière à 1,2 × 138 × (19 − (−10)) / (1 000 × 0,95³) = 5,6 kW, soit 1,4 fois les déperditions.
Déperditions de la maison : 3 à 5 kW, par −10 °C dehors et 19 °C dedans, pour 100 m² et 250 m³.
À surface égale, la maison de la fin des années 1970 demande plus du double de la maison RT 2012. La surface seule ne dit presque rien : c'est pourquoi les règles « au m² » se trompent si souvent.
L'outil en haut de page refait le calcul pour votre maison et affiche la même maison à toutes les époques. Il envoie aussi le résultat vers la page pompe à chaleur ou poêle à bois.
La formule P = G × V × ΔT, pas à pas
La puissance de chauffage d'une maison se calcule en trois multiplications.
- Le volume chauffé V, en m³ : surface habitable × hauteur sous plafond. Une hauteur de 3 m au lieu de 2,50 m, c'est 20 % de volume en plus, donc 20 % de puissance en plus. Pour un volume compliqué (combles, mezzanine), le site frère calcul-m3.fr détaille le calcul.
- L'écart de température ΔT, en kelvins : la différence entre la température voulue et la température de base. Pour la maison entière, le site retient 19 °C, la limite supérieure moyenne que fixe l'article R. 241-26 du Code de l'énergie pour l'ensemble d'un logement. Ce n'est pas une obligation pièce par pièce.
- Le coefficient G de l'époque, lu dans le tableau ou réglé dans l'outil.
Le produit G × V donne GV, en W/K ; GV × ΔT donne les déperditions en watts. Le résultat est une fourchette, parce que deux maisons de la même époque ne sont jamais isolées de la même façon. La table des températures par département est sur la page températures extérieures de base.
La même formule sert pour une pièce. Mais G est une moyenne de maison : une chambre d'angle sous le toit perd plus, une pièce entre deux pièces chauffées perd moins. Pour choisir un radiateur, le calcul pièce par pièce tient compte du type de pièce et de sa température.
La puissance du DPE : pourquoi elle dépasse les déperditions
La méthode du DPE en vigueur (3CL-DPE 2021) estime la puissance d'une chaudière dont on ne connaît pas la plaque par une formule fixe :
Pch = 1,2 × GV × (19 − Tbase) ÷ (1 000 × 0,95³), en kW.
Le facteur 1,2 est une marge forfaitaire ; 0,95³ couvre des pertes forfaitaires du système de chauffage. Au total, Pch vaut environ 1,4 fois les déperditions. L'outil l'affiche en recoupement, pas comme une puissance à installer.
Deux précautions :
- La méthode du DPE fixe sa température de base par zone climatique et par tranche d'altitude, par exemple −9,5 °C en zone H1 sous 400 m. Le site retient la table par département, plus fine, et calcule Pch avec elle.
- Pch est une convention d'étiquette. Selon PROFEEL (2021), aucune règle de référence ne fixe en France la marge d'une chaudière gaz ; la pratique est de 1,2 fois les déperditions, et le surdimensionnement est déconseillé.
Pompe à chaleur et poêle : pas de Pch
Pour une pompe à chaleur, le site recommande 80 à 100 % des déperditions à la température de base, au régime d'eau prévu (les températures de l'eau au départ et au retour des radiateurs) ; les règles de l'art admettent 70 % selon la machine et l'inertie de la maison. Un poêle se choisit sur la zone qu'il chauffe vraiment. Pour la pompe à chaleur, l'installateur justifie la puissance dans sa note de dimensionnement, à partir des déperditions à la température de base. Une erreur de puissance coûte cher et se corrige mal. Ce calcul vous aide à choisir et à vérifier une puissance. Pour une pompe à chaleur, la note de dimensionnement de l'installateur, qui voit votre maison, fait foi.
Du G de 1974 à la RE 2020 : un peu d'histoire
Le coefficient G vient des premières réglementations thermiques, après le choc pétrolier. Les exigences ont ensuite changé d'indicateur à chaque génération :
| Réglementation | Ce qu'elle limitait |
|---|---|
| RT 1974 | G maximal, en trois zones climatiques |
| RT 1982 | G et les besoins de chauffage (B) |
| RT 1988 | GV, en W/K, comparé à une maison de référence |
| RT 2000 et RT 2005 | Ubât et la consommation |
| RT 2012 et RE 2020 | Besoin bioclimatique (Bbio) et consommation d'énergie primaire ; en RE 2020, aussi le carbone et l'inconfort d'été |
Les valeurs maximales de G fixées en 1974 et en 1982 n'ont été retrouvées dans aucune source gratuite. Les G « par époque » sont donc des estimations de maisons typiques, pas des plafonds réglementaires. Depuis la RT 2000, les réglementations des maisons neuves ne fixent plus d'exigence en G ni en GV ; la méthode du DPE, elle, calcule toujours GV.
Les limites du coefficient G
- Une maison moyenne. Le recalcul repose sur une maison de 100 m² dont les fenêtres font 15 % de la surface habitable. Une maison très vitrée, très allongée ou à étage s'en écarte : à époque égale, la maison à étage a un G un peu plus élevé.
- Les ponts thermiques. Une maison de 1983 à 1988 isolée par l'intérieur perd beaucoup aux jonctions des planchers et des murs. La méthode du DPE les compte : dans le calcul paroi par paroi d'une maison à étage de cette époque, ils portent G au-dessus de la fourchette du tableau. Les G conventionnels, plus bas, semblent les ignorer.
- Une maison rénovée. Combles isolés, fenêtres changées, VMC ajoutée : l'époque de construction ne veut plus dire grand-chose.
Dans ces cas, le calcul paroi par paroi des déperditions remplace G par le détail des murs, fenêtres, toit, sol et ventilation. Il donne aussi un G équivalent, comparable à ce tableau. La formule de la puissance d'un radiateur compare les trois méthodes.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le coefficient G d'une maison ?
C'est le coefficient volumique de déperdition : la puissance qu'un logement perd par m³ chauffé et par degré d'écart entre l'intérieur et l'extérieur. Il compte les parois, les ponts thermiques et le renouvellement d'air. Plus il est bas, mieux la maison est isolée.
Quelle est l'unité du coefficient G ?
Le watt par mètre cube et par kelvin, W/(m³·K). Un écart d'un kelvin vaut un écart d'un degré Celsius : les anciens documents écrivent d'ailleurs W/m³.°C. Multiplié par le volume, G donne GV, en W/K.
Combien de kW pour chauffer une maison de 100 m² ?
Cela dépend d'abord de l'isolation, puis du climat. Multipliez le G de l'époque par le volume (250 m³ sous 2,50 m de plafond) et par l'écart entre 19 °C et la température de base du département. L'outil en haut de page fait ce calcul et donne une fourchette, puis la même maison pour chaque époque.
Quel coefficient G pour une maison RT 2012 ?
Le site retient 0,55 W/(m³·K), dans une fourchette de 0,45 à 0,65, d'après les valeurs par défaut de la méthode du DPE. Le 0,4 que l'on lit souvent correspond à une maison sans ponts thermiques : il est trop optimiste d'environ un tiers.
G = 1,5, est-ce une maison bien isolée ?
Non. Un G de 1,5 correspond à une maison des années 1970 isolée selon les premières règles, ou à une maison plus ancienne partiellement rénovée. Une maison de 1989 à 2000 est autour de 1, une maison RT 2012 autour de 0,55.
Quelle différence entre G, GV et Ubât ?
GV est la perte totale de la maison par degré d'écart, en W/K. G est GV divisé par le volume chauffé. Ubât, introduit par la RT 2000, est une moyenne des U des parois en W/(m²·K), sans le renouvellement d'air : il ne se substitue pas à G.
Sources officielles
Informations vérifiées le sur les sites suivants. En cas de doute, ce sont eux qui font foi.
- Annexe 1 de l'arrêté du 31/03/2021, méthode de calcul 3CL-DPE 2021 (logements existants), version consolidée « dernière mise à jour octobre 2021 » (Ministère de la transition écologique)
- Observatoire DPE, tables de valeurs de la 3CL (valeur_tables.xlsx : umur, upb, uph, ue, ug, uw, b, ponts thermiques, débits, q4pa_conv) (ADEME, CSTB)
- Dimensionnement d'une pompe à chaleur (table de G par époque, exemple de Colmar) (De Dietrich)
- A. Pouget, « La mobilisation des réglementations thermiques », Responsabilité et environnement n° 90 (Annales des Mines)
- Chauffage dans les bâtiments (articles R. 241-25 à R. 241-29 du Code de l'énergie) (Ministère de la transition écologique)
- Changement du générateur de chauffage : impacts du dimensionnement (tableau des règles du NF DTU 65.16 P1-1) (PROFEEL (media.proreno.fr))
- RAGE 2012, « Pompes à chaleur air extérieur/eau en habitat individuel, rénovation, conception et dimensionnement » (rediffusion XPair) : figures 7 et 8 (Tbase NF P 52-612/CN, altitude), § 8.2 (Programme RAGE (AQC), XPair)