Le calcul de la puissance d'un radiateur à eau chaude se fait en deux temps : le besoin de chauffage de la pièce, puis la puissance du catalogue qui rend ce besoin à la température réelle de l'eau. Les catalogues mesurent leurs radiateurs avec de l'eau à 75 °C ; si votre eau est moins chaude, il faut un radiateur plus gros.
En bref
La puissance écrite au catalogue d'un radiateur à eau est mesurée à 75/65/20 °C (eau à 75 °C au départ, 65 °C au retour, pièce à 20 °C). À 70/55 °C, le même radiateur rend environ 80 % de cette puissance, à 55/45 °C environ la moitié, à 45/35 °C (pompe à chaleur) environ 30 %. Pour un besoin donné, divisez donc par la part du tableau. La chaudière, elle, se choisit sur les déperditions de la maison et sur l'eau chaude sanitaire, jamais en additionnant les radiateurs.
Mis à jour le par la rédaction. Notre méthode
Calcul de la puissance d'un radiateur à eau chaude en deux étapes
Première étape : le besoin de chauffage de la pièce. C'est la puissance que la pièce perd par les murs, les fenêtres, le toit, le sol et l'air renouvelé quand il fait le plus froid de l'année ; c'est ce que le radiateur doit rendre, en watts (W). Il ne dépend pas du radiateur : le calculateur pièce par pièce le donne à partir du volume, de l'isolation et de la température extérieure de base du département.
Seconde étape : la puissance à acheter. Un catalogue donne la puissance au catalogue (ou P50) : la puissance mesurée avec de l'eau à 75 °C au départ, 65 °C au retour et une pièce à 20 °C, selon la norme NF EN 442. Votre installation tourne à son propre régime d'eau, c'est-à-dire ses températures de départ et de retour réelles : 70/55 pour une chaudière classique, 45/35 pour une pompe à chaleur. Plus l'eau est froide, moins le radiateur chauffe.
L'outil en haut de page fait cette conversion. Saisissez le besoin et le régime, il rend la puissance à chercher au catalogue, au pas de 50 W supérieur. Le tableau ci-dessous donne la même conversion pour les régimes courants et un besoin de 1 000 W.
| Régime | Écart eau / pièce | Part de la puissance catalogue | Catalogue pour 1 000 W |
|---|---|---|---|
| 90/70 °C | 59,4 K | 126 % | 800 W |
| 75/65 °C | 49,8 K | 100 % | 1 000 W |
| 70/55 °C | 42,1 K | 80 % | 1 250 W |
| 60/50 °C | 34,8 K | 63 % | 1 600 W |
| 55/45 °C | 29,7 K | 51 % | 2 000 W |
| 50/40 °C | 24,7 K | 40 % | 2 500 W |
| 45/35 °C | 19,6 K | 30 % | 3 400 W |
| 40/35 °C | 17,4 K | 25 % | 3 950 W |
| 35/30 °C | 12,3 K | 16 % | 6 150 W |
P = P50 × (ΔT / 49,8)n, n = 1,30 (1,25 à 1,40 selon le modèle), écart logarithmique, puissance catalogue P50 à 75/65/20 (NF EN 442). Contrôlé contre les catalogues Kermi, Stelrad et Radson. Valeurs vérifiées le 19 octobre 2026.
Lisez la colonne « Part de la puissance catalogue » : à 55/45 °C, un radiateur ne rend qu'environ la moitié de ce qu'annonce son catalogue. La dernière colonne donne la puissance catalogue à acheter pour 1 000 W de besoin.
Le ΔT, clé du calcul
Ce qui fait chauffer un radiateur, c'est le ΔT (delta T) : l'écart entre la température moyenne de l'eau et celle de la pièce. À 75/65 °C dans une pièce à 20 °C, l'eau est à 70 °C en moyenne : ΔT 50, d'où le nom « P50 ». À 55/45 °C, ΔT 30 ; à 45/35 °C, ΔT 20.
La puissance ne baisse pas en proportion du ΔT, elle baisse plus vite : P = P50 × (ΔT / 50)n. L'exposant n vaut 1,25 à 1,40 selon le modèle, 1,30 par défaut (guide Énergies et Avenir, catalogues Stelrad et Kermi). Le détail du ΔT et des régimes est sur la page radiateur moyenne température.
Exemple : un séjour sur une chaudière classique
Un séjour demande 1 200 W par grand froid. La chaudière, réglée par la loi d'eau (le réglage qui baisse la température de l'eau quand il fait moins froid dehors), envoie de l'eau à 70 °C qui revient à 55 °C les jours les plus froids.
Exemple : radiateur à commander pour 1 200 W à 70/55 °C
- Écart moyen entre l'eau et la pièce (logarithmique) : (70 − 55) / ln((70 − 20) / (55 − 20)) = 42,1 K (moyenne arithmétique : 42,5 K).
- Facteur du régime : (42,1 / 49,8)1,3 = 0,802 (exposant n de 1,25 à 1,4 selon le modèle).
- P50 à commander = besoin / facteur = 1 200 W / 0,802 = 1 496 W, soit 1 500 W au pas de 50 W supérieur.
- Un catalogue donne la puissance à 75/65/20 (P50) : c'est elle qu'il faut comparer à ce chiffre.
Puissance catalogue à commander : 1 500 W, au catalogue (P50, 75/65/20) pour rendre 1 200 W à 70/55 °C.
Avec le même besoin et une chaudière à condensation réglée en 55/45 °C, l'outil en haut de page donne près du double au catalogue. À 45/35 °C, régime d'une pompe à chaleur, il faut plus de trois fois le besoin : c'est tout l'enjeu de la page mes radiateurs avec une pompe à chaleur.
Quelle puissance de radiateur à eau chaude par m² ?
Le besoin au m² ne dépend pas de l'émetteur : un radiateur électrique et un radiateur à eau doivent rendre les mêmes watts à la pièce. Il dépend de l'isolation, du climat et de la hauteur sous plafond.
| Isolation | Tbase −5 °C | Tbase −10 °C |
|---|---|---|
| Avant 1975, jamais isolée | 96 à 168 | 116 à 203 |
| Construite de 1975 à 1982 | 72 à 90 | 87 à 109 |
| Construite de 1989 à 2000 | 51 à 66 | 61 à 80 |
| Construite de 2001 à 2012 (RT 2000 et RT 2005) | 42 à 54 | 50 à 66 |
| Construite de 2013 à 2021 (RT 2012) | 27 à 39 | 32 à 48 |
Calcul P = G × V × ΔT, G par époque de la maison (renouvellement d'air compris). Fourchette selon la maison de l'époque ; une pièce sous toiture ou très vitrée se place en haut. Valeurs vérifiées le 19 octobre 2026.
On lit souvent « 100 W/m² » pour un radiateur à eau chaude. Ce chiffre correspond à une maison des années 1970 peu isolée, comme le montre le tableau. Dans une maison des années 2000, le besoin tourne autour de la moitié. Le tableau complet, avec toutes les époques et les températures de base, est sur la page puissance par m² ; le calcul au m³, utile quand le plafond est haut, sur la page puissance par m³.
Pour passer du besoin à la puissance catalogue, multipliez la surface par le W/m² de votre ligne, puis saisissez ce besoin dans l'outil en haut de page avec votre régime d'eau.
Connaître la puissance d'un radiateur de chauffage central existant
La plaque ou la référence. Les catalogues récents (Radson, Kermi, Purmo, Chappée, Viadrus) donnent tous la puissance à 75/65/20 °C. Un catalogue d'avant 2000 ou une plaque « ΔT 60 » la donne souvent à 90/70/20 °C, l'ancien régime usuel (Xpair) : cette valeur est environ 27 % plus haute que la P50 du même radiateur.
Sans référence, la mesure. Un radiateur acier à panneaux s'estime par son type, sa hauteur et sa longueur : voir le tableau de puissance des radiateurs acier. Un radiateur en fonte s'estime par sa hauteur sans les pieds, ses colonnes et son nombre d'éléments : voir la page puissance d'un radiateur en fonte. L'estimation garde une marge de ± 8 à ± 15 % selon le cas.
De quoi se compose un radiateur à eau
Un corps de chauffe où circule l'eau : panneaux d'acier soudés, éléments en fonte ou en aluminium assemblés, ou tubes. Des ailettes soudées derrière les panneaux, qui augmentent la surface d'échange avec l'air : un « type 22 » a deux panneaux et deux rangées d'ailettes. Un raccordement à l'arrivée et au retour d'eau, souvent avec un robinet thermostatique. Les dimensions courantes et les entraxes ont leur page.
Pourquoi le résultat est une fourchette
Deux incertitudes restent, même avec un calcul juste.
- L'exposant n du modèle. De 1,25 à 1,40, il fait varier la puissance rendue d'environ ± 4 % à 55/45 °C (Énergies et Avenir) et ± 7 % à 45/35 °C (calcul du site avec la même plage). La fiche du fabricant donne le sien : elle prime.
- La façon de calculer le ΔT. Kermi et Purmo calculent un écart dit logarithmique, Radson et Énergies et Avenir la moyenne arithmétique. L'écart entre les deux reste sous 1,5 % pour les régimes courants, mais atteint 2 à 3 % à 45/35 °C et 11 % à 50/30 °C. Le site calcule en logarithmique et affiche les deux dans le pas à pas de l'outil.
La chaudière : on ne l'additionne pas aux radiateurs
Elle se dimensionne sur les déperditions de la maison, pas sur la somme des radiateurs ni sur leur nombre. Le guide Énergies et Avenir demande de vérifier que l'installation est « en adéquation avec le niveau de déperditions thermiques du bâtiment ». Il n'existe pas de DTU pour le dimensionnement d'une chaudière gaz ; en pratique, sa puissance est prise autour de 1,2 fois les déperditions (PROFEEL).
La méthode du DPE (méthode 3CL-DPE 2021) donne une autre convention, quand la puissance de la chaudière n'est pas connue : Pch = 1,2 × GV × (19 − Tbase) ÷ (1 000 × 0,95³), soit environ 1,4 fois les déperditions. GV est la perte de la maison par degré d'écart, en W/K. C'est une convention d'estimation, pas une règle de choix.
Exemple : maison de 100 m² des années 1980 dans le Rhône
- Volume chauffé : 100 m² × 2,5 m = 250 m³.
- GV = G × V = 1,05 à 1,3 × 250 = 263 à 325 W/K.
- ΔT = 19 °C − (−10 °C) = 29 K (19 °C : moyenne réglementaire d'un logement).
- Déperditions = GV × ΔT = 7,5 à 9,5 kW (arrondi à 0,5 kW).
- Recoupement : la méthode du DPE estime la puissance d'une chaudière à 1,2 × 288 × (19 − (−10)) / (1 000 × 0,95³) = 11,7 kW, soit 1,4 fois les déperditions.
Déperditions de la maison : 7,5 à 9,5 kW, par −10 °C dehors et 19 °C dedans, pour 100 m² et 250 m³.
Le calcul de la maison entière, avec toutes les époques, est sur la page coefficient G.
L'eau chaude sanitaire impose souvent la puissance
Une chaudière qui produit l'eau chaude à la demande (dite instantanée) doit la chauffer au débit du robinet. La méthode du DPE retient pour cela 21 kW, puis prend la plus forte des deux puissances, chauffage ou eau chaude. D'où les chaudières murales de 24 kW, même dans une petite maison : c'est l'eau chaude qui les dimensionne, sauf dans une grande maison peu isolée dont le chauffage demande davantage. Avec un ballon de stockage, la puissance pour l'eau chaude tombe à quelques kW et le chauffage redevient la référence.
Les puissances de la méthode du DPE suivent des paliers : 5, 10, 13, 18, 24, 28, 32 et 40 kW pour une chaudière murale installée depuis 2006, 18 kW au moins pour une chaudière au sol ou une murale plus ancienne. La puissance d'une chaudière, 35 kW par exemple, ne dit donc pas combien de radiateurs elle peut alimenter : cela dépend des déperditions de chaque pièce.
La condensation demande une eau de retour sous 55 °C
Une chaudière à condensation récupère la chaleur de la vapeur d'eau des fumées quand elle condense. Le point de rosée de ces fumées est vers 57 °C pour le gaz naturel et 47 °C pour le fioul (Xpair). En pratique, il faut une eau de retour sous 55 °C (Atlantic).
Des radiateurs prévus pour 75/65 °C empêchent-ils la condensation ?
Pas la plus grande partie de l'hiver. Par grand froid, l'eau revient trop chaude et la chaudière ne condense pas. Le reste de la saison, la loi d'eau baisse la température et le retour passe sous 55 °C (exemple de loi d'eau publié par Atlantic). Des radiateurs choisis pour un régime plus bas, 55/45 °C par exemple, gardent la condensation plus longtemps, au prix d'une puissance catalogue plus grande.
Les erreurs les plus fréquentes
- Acheter à la puissance du catalogue sans regarder le régime. Un radiateur de 1 000 W au catalogue ne rend pas 1 000 W sur une chaudière réglée en 55/45 °C, ni sur une pompe à chaleur.
- « Réévaluer d'environ 30 % » pour une eau à 50 °C. On lit cette correction pour les chaudières à condensation. À 50/40 °C, le tableau des régimes montre qu'un radiateur ne rend qu'environ 40 % de sa puissance catalogue : il en faut un environ deux fois et demie plus gros.
- Prendre « 100 W/m² » partout. C'est le niveau d'une maison des années 1970 peu isolée ; ailleurs, le radiateur sera surdimensionné.
- Additionner les radiateurs pour choisir la chaudière. Elle se choisit sur les déperditions de la maison et l'eau chaude sanitaire.
Ce calcul vous aide à choisir et à vérifier une puissance. Pour une chaudière ou une pompe à chaleur, le calcul de l'installateur, qui voit votre maison, fait foi.
Pour aller plus loin
- Radiateur moyenne température et pompe à chaleur : ce que rendent vos radiateurs avec une eau à 45 °C, et que faire s'ils ne suffisent pas.
- Tableau de puissance des radiateurs acier et puissance d'un radiateur en fonte : estimer un radiateur existant.
- Dimensions d'un radiateur : longueur à commander, entraxes et placement.
- Dimensionnement d'une pompe à chaleur : la puissance du générateur à la température de base.
Questions fréquentes
Comment calculer la puissance d'un radiateur à eau chaude ?
Calculez d'abord le besoin de chauffage de la pièce, en watts, avec son volume, son isolation et la température de base du département. Divisez-le ensuite par la part de la puissance catalogue que rend un radiateur à votre régime d'eau : 80 % environ à 70/55 °C, la moitié à 55/45 °C, 30 % à 45/35 °C. Le résultat est la puissance à chercher au catalogue, à 75/65/20 °C.
Quelle puissance de radiateur à eau chaude par m² ?
Le besoin au m² est le même pour tous les émetteurs : il dépend de l'isolation, du climat et de la hauteur sous plafond, d'environ 30 à 50 W/m² dans une maison RT 2012 à 100 à 200 W/m² dans une maison d'avant 1975 jamais isolée. Ce qui change avec l'eau chaude, c'est la puissance catalogue à acheter pour rendre ce besoin : à 55/45 °C, environ deux fois le besoin.
Comment connaître la puissance d'un radiateur de chauffage central ?
Cherchez la plaque ou la référence du modèle et lisez la puissance du catalogue, donnée à 75/65/20 °C (ou ΔT 50) dans les catalogues récents. Sans référence, mesurez-le : hauteur, longueur et type pour un radiateur acier à panneaux, hauteur, colonnes et nombre d'éléments pour un radiateur en fonte. Les pages acier et fonte du site donnent l'estimation, avec sa marge d'erreur.
Quelle puissance de chaudière pour 10 radiateurs ?
Le nombre de radiateurs ne dit rien de la puissance de la chaudière. Elle se choisit sur les déperditions de la maison entière à la température de base, environ 1,2 fois en pratique, et sur l'eau chaude sanitaire. Une chaudière qui produit l'eau chaude à la demande est le plus souvent dimensionnée par cette eau chaude : 21 kW dans la méthode du DPE, d'où les chaudières de 24 kW. Une chaudière de 35 kW ne fixe pas non plus un nombre de radiateurs.
Quelle température d'eau pour qu'une chaudière à condensation condense ?
L'eau qui revient à la chaudière doit être sous 55 °C environ : le point de rosée des fumées du gaz naturel est vers 57 °C, celui du fioul vers 47 °C. Grâce à la loi d'eau, qui baisse la température quand il fait moins froid, une chaudière condense la plus grande partie de la saison, même sur des radiateurs prévus pour 75/65 °C.
Sources officielles
Informations vérifiées le sur les sites suivants. En cas de doute, ce sont eux qui font foi.
- Guide de dimensionnement des radiateurs à eau chaude (avec l'appui technique du CETIAT), copie archive.org (Énergies et Avenir)
- Fiche technique de radiateurs à panneaux (puissances 75/65/20 et 55/45/20, exposants n) (Radson (Purmo Group))
- Catalogue technique des radiateurs à panneaux, 2014 (rediffusion d'un distributeur) (Kermi)
- Catalogue des radiateurs panneaux (référence logarithmique 49,833 K) (Purmo)
- The Stelrad Radiator book, page Technical information (facteurs par ΔT) (Stelrad)
- Livret d'exercices « Sélection des émetteurs de chaleur » (régimes 90/70, 75/65, 53/47) (XPair, ADEGEB)
- RAGE 2012, « Pompes à chaleur air extérieur/eau en habitat individuel, rénovation, conception et dimensionnement » (rediffusion XPair) : figures 7 et 8 (Tbase NF P 52-612/CN, altitude), § 8.2 (Programme RAGE (AQC), XPair)
- Annexe 1 de l'arrêté du 31/03/2021, méthode de calcul 3CL-DPE 2021 (logements existants), version consolidée « dernière mise à jour octobre 2021 » (Ministère de la transition écologique)
- Changement du générateur de chauffage : impacts du dimensionnement (tableau des règles du NF DTU 65.16 P1-1) (PROFEEL (media.proreno.fr))
- Brochure de chaudière à condensation (loi d'eau, retour sous 55 °C), rediffusion d'un annuaire professionnel (Atlantic)
- Le chauffage à condensation, un peu de théorie (point de rosée) (XPair)